Éditorial : Ni Pouvoir, ni Opposition n’ont encore vu Haïti dans leur gros livre politique – AZ-INFOS TGV.

« S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement, un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. » : Propos ainsi lancés par Jean-Jacques Rousseau sur son analyse du terme : démocratie.

En fait, depuis la chute du gouvernement dictatorial des Duvalier, on pensait présomptueusement pouvoir entrer de plein pied dans la démocratie. Cette branche qui s’attache à la masse, à la majorité ou encore au peuple dans une perspective de bien-être évident. Pari effectivement risqué lorsqu’on sait la complexité et la tolérance que celle-là amène derrière elle. Par delà, comment peut-on l’adopter à bon escient si on ne connait de quoi il en est véritablement question ? Ou plus loin, si malgré une connaissance approfondie de la question, notre gourmandise ne nous permet pas de la définir justement dans nos actes de chaque jour ?

Bref ! De 1986 à 2019, on pourrait chercher avec insistance une infime marque de démocratie en Haïti sans jamais rien recueillir. On a juste assisté au défilé d’un ensemble d’hommes et de femmes politiques, tous avides de pouvoir, tous opiniâtres à s’emparer des biens de la République pour les thésauriser dans leurs dépôts de mesquinerie sans penser à la majorité qui croupit dans la crasse, sans penser à Haïti dont la valeur est en voie d’extinction.

En effet, ceux-là qui se réunissent en deux camps permis par la démocratie, car là-dedans est librement reconnue la pluralité d’idéologies politiques. Et alors, d’un côté le Pouvoir et de l’autre l’Opposition. Ils se livrent une bataille sans merci pour être constamment au timon des affaires. Y étant, ils écrivent et lisent les plus grands livres de l’histoire de la démocratie moderne, pas une fois le nom d’Haïti n’y est mentionné. Autrement dit, les filles et fils de la mère accoucheuse de la liberté des noirs sont à la base de l’adversité la plus féroce érigée sur la route menant à son développement. D’ailleurs, ce qu’ils assurent avec maestria, sans nulle gêne et avec une indifférence prononcée à l’égard de la terre qui les a vus naître et grandir.

En clair, constituer le pouvoir c’est être responsabilisé par soi-même et par le peuple à travailler activement au bien-être de la société. Entre autres, former opposition c’est se destiner à pousser le pouvoir à son dernier effort pour agir dans l’intérêt du plus grand nombre tout en travaillant de son côté pour prouver qu’on est en mesure de mener à bien la barque au moment où le peuple le jugerait nécessaire. Cela dit, pas besoin d’être des élus ou des nommés notables pour être utiles à son pays. Néanmoins, force est de constater, qu’en Haïti les élites politiques, quelle que soit la classe à laquelle elles appartiennent, ne tiennent pas compte de l’extrême pauvreté qui sévit dans toute la République.

À bien les entendre parler, on peut estimer que certains d’entre eux ont pas mal dans la tête, mais le jeu de l’intérêt a desséché leur cœur d’humanité. La partie Ouest de l’Île traîne dans cette épaisse boue de misère, de pauvreté, de mépris aux yeux de l’international, du mal-être de ses progénitures, du non-respect des droits humains, du rejet total de l’éducation, du vol d’État organisé, de mariage sous table d’une trilogie sans vergogne : Pouvoir, Opposition et Bourgeoisie. De loin, on peut à peine appercevoir la voix plaintive, perdue, découragée et déboussolée d’une Haïti en quête de sourire pour ses enfants dont la dignité est vendue à ceux-là qu’elle a dû combattre à sang pour s’offrir sa liberté acquise haut la main. Cependant qu’ils considèrent encore comme étant une anomalie, une menace ou encore un défi. Larmes aux yeux, la dame pleure le piteux état moral de ses génitures.

Ne parlez ni de Pouvoir, ni d’Opposition, ni de Bourgeoisie, ils sont les principales branches qui vivifient l’arbre de la corruption dans le jardin d’Haïti. Il arrivera un jour où tous les nuages seront dissipés, ils se dénonceront les uns les autres, l’enfer de la cruauté qu’ils ont passé l’essentiel de leur vie à engendrer contre ce peuple leur ouvrira sa brûlante gueule. Aujourd’hui, il n’est guère question de confier sa destinée à un groupe de gens qui ne respirent que de la gloutonnerie politique. De quoi abonder dans le même sens que Thomas Sankara, ce grand leader africain, qui a dit et je cite: « Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie.»

Jeunes Haïtien (ne)s partout et ailleurs, ne nous est-il pas venu le moment de prendre en main notre destin ? Préférerons-nous d’aller pleurer à la tête du cercueil au lieu d’éviter à notre mère cette mort infâme ?

Vive Haïti !
Vive la jeunesse !
Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.