Éditorial : L’Artibonite, le théâtre d’une nouvelle gifle assourdissante aux droits humains en Haïti – AZ-INFOS TGV

Alors qu’on était le vendredi 25 Octobre 2019, date choisie par des groupes armés de la zone artibonitienne pour se guerroyer. Une équipe dirigée par Ti Mepri et une autre par Odma ainsi connus ont livré une performance titanesque en terme de violations de droits humains et de profanation de l’image d’Haïti sur la scène mondiale.

Ces criminels de premier degré tyrannisant ce Département depuis déjà un bon moment, et ce, malgré l’incarcération d’Arnel Joseph, le grand réputé chef de gang, ont fait de ce jour une date tristement mémorable, sans qu’aucune mesure ne soit prise du côté des chefs de l’ordre pour les contrecarrer . À bien se tenir, aurait-on affaires à une espèce assoiffée de sang et affamée de chair ? Pourquoi jusqu’à présent aucune voix n’est élevée du côté des responsables pour dénoncer l’ignominie qui enveloppe cet acte et intervenir comme il convient ?

En effet, après une série de massacres survenus ces derniers mois un peu partout dans le pays, ce 25 Octobre on a eu droit à un nouvel épisode non pas moins frustrant. Où les images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux montrent des hommes munis de leurs armes à feu de grand calibre et d’armes blanches entrain de lyncher en miettes des corps humains inertes. Cela-même qui fait exploser d’horreur la tête de plus d’un, a vu des auteurs bercés dans un bonheur absolu en montant leurs scènes combien trempées de cruauté, exhibant des têtes séparées des autres parties du corps. Ouf ! Haïti, au pays des rancœurs ! Haïti, au pays des sans cœurs !

Pensons humanité, que les lynchés aient été des bandits ou pas, ceci ne saurait être une partie de plaisir. En fait, peut-on s’attendre à ce que le banditisme touche à sa fin par ces malfrats eux-mêmes en s’entretuant? Quel est le rôle de l’État haïtien dans tout ça ? Si, toutefois cet État existe encore. Se confier à un coup si improbable c’est comme enfermer le loup dans la boucherie, car c’est à travers de tels actes qu’ils assurent leur popularité, qu’ils plantent leur terreur et gonflent leur poche de sou, question de s’approvisionner. Et, en tout ça, la République continue à être cruellement giflée.

Plus loin, il faut questionner le silence de certaines organisations de droits humains, l’appareil de justice et les ténors de l’État haïtien sur un tel fait. Ainsi faisant, libre cours est offert à ces hors-la-loi pour donner plus d’ailes à leur aigle combien féroce. Entre autres, à bien analyser le déroulement cette affaire, on peut également s’interroger sur l’origine des fonds et moyens de ces hommes. Sachant, ciblés, qu’ils ne peuvent effectuer de grands déplacements. Quelles sont ces machines qui font fonctionner ce secteur ? Seraient-elles des politicien (ne)s ? De la bourgeoisie ? Qui sont les auteurs intellectuels de ces massacres perpétrés un peu partout dans le pays ?

Après le rapport de Fondasyon Je Klere (FJK) sur le massacre de novembre 2018 à La Saline, confirmé par une équipe d’enquête de l’ONU comme étant réellement un massacre d’État, où l’on a vu citer les noms de certains hommes forts de l’Exécutif dont Richard Duplant et Fednel Monchery, à l’époque, respectivement Directeur Départemental de l’Ouest et Ministre de l’Intérieur. Cependant, on n’a toujours aucune information réelle sur les avancées de ces dossiers. Par voie de conséquence, la population continue à vivre des moments les uns plus corsés que les autres. À défaut de protéger son peuple, l’État s’affiche comme le loup qui ne se plait qu’à déguster la chair de ses citoyens. De ce fait, abandonné, humilié, maltraité, il ne revient qu’au peuple de se charger de ses responsabilités.

Aujourd’hui c’est mon tour, demain ce sera le vôtre, pourquoi alors rester les bras croisés à assister les hurlements, les gémissements, les cris de désolation des sœurs et frères pris dans le pétrin de la gangstérisation ? À l’instar de Martin Luther King, je dirais : « Nous devons apprendre à lutter comme des frères, sinon nous allons tous mourir comme des idiots. » Nous ne pouvons pas continuer à vilipender la cause de l’être humain en Haïti, si l’homme est l’élément le plus important de la nature, de ses pairs il mérite un traitement de valeur et de faveur. Je ne dénonce pas le mépris porté au lynchage de certains bandits, loin de là, je suis préoccupé par la mort dans un état délabré de certaines gens, à qui le droit à la vie était aussi reconnu et à la prolifération de ces actes d’extrême infamie dans le pays, notamment dans les quartiers populaires.

En réalité, comment rester insensibles face à ces hommes qui n’aspirent qu’à nous tailler nos costumes d’inhumation? Ceux-là qui tuent notre lendemain ? Qui se léonisent, alors que nous sommes forcés à rester enfermés dans notre naïve peau de mouton ? Notre plus grand droit est celui de la vie, voyons, il n’est pas garanti en Haïti. De quoi donner raison à ce citoyen canadien qui avait estimé que, même les chiens de son pays sont mieux traités que les citoyens haïtiens. Réveillons-nous, haïtiens et défenseurs des droits humains, la mort d’un homme n’est pas la mort d’un chien, la question des droits humains ne doit pas être traité avec autant de légèreté Il nous faut donner une autre directive à notre chère HAÏTI que nous aimons tous !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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