Éditorial : Le respect des droits des enfants, un arbre encore placé au désert d’ignorance en Haïti – AZ-INFOS TGV

En 1954, la Convention Internationale relatives aux droits des enfants a consacré le 20 Novembre comme étant la journée internationale du respect des droits de l’enfant dans le monde.

Convention qui a été justement adoptée par l’Organisation des Nations-Unies 20 Novembre 1989 à New-York, avec plus de 190 pays signataires. En effet, le 23 Décembre 1994, le parlement haïtien a ratifié cette convention, publiée au journal officiel (le Moniteur) le 11 Mars 1995, affichant du même coup l’ardent désir d’Haïti de lutter pieds et mains pour faire respecter les droits des enfants sur son territoire. Cependant force est de protéger, les dérives ayant à voir aux droits de cette couche importante de la société se font de plus en plus multiples. Par delà, de cette ratification à aujourd’hui 20 Novembre 2019 où en sommes-nous ? À constater le mépris démesuré affiché à l’égard des droits de l’enfant ( à l’éducation, à une famille, à un logement, à une identité reconnue et autres…) peut-on réellement parler d’avenir pour ces petits anges ? Comment faire de nos enfants des gens dont le respect est une garantie des premiers chefs ?

La déclaration Universelle des Droits Droits de l’Homme du 10 Décembre 1948 stipule que tous les êtres humains sont nés égaux en droits, cela dit enfants ou adultes, nous avons tous des droits qui nous sont collés dès la naissance. Lesquels droits, une fois bafoués, mettent en péril notre dignité en tant que personne. Une situation que confronte une importante frange de la population infantile d’Haïti. D’ailleurs, ils sont tellement maltraités au point qu’ils ignorent disposer eux aussi, démunis de leur état, des droits.

Eu égard à l’éducation en Haïti, on peut facilement comprendre que les dirigeants n’ont aucune volonté de prendre en cause le sort des enfants. Une éducation à plusieurs vitesses, si vous ne fréquentez pas les écoles Congréganistes ou encore les Missions internationales de bonne volonté vous avez un réel mal à faire connaissance d’une éducation potable, vous avez un déficit, l’État ne prend pas cet importantissime point à son compte. Rares et sont très rares dans ce pays, les institutions scolaires qui s’intéressent véritablement à la formation. Cela dit, le jeu d’intéret touche profondément à la question éducationnelle, pourtant reconnue noble.

Ils sont des démunis, ils sont dans la rue avec des toiles sales à essuyer les chaussures des passants, les voitures des autorités des trois pouvoirs, des grosses têtes de la société civile, des agents la UNICEF, de l’UNESCO et ceux-ci sans gêne n’hésitent pas à leur tendre un maudit billet en contrepartie pour tuer certains des vers qui hantent la paix de leur ventre. Un véritable coup de poignard aux droits des enfants. Entre autres, ces enfants qui passent l’essentiel de leur quotidien dans les rues à manger, dormir, jouer, réfléchir, assister au lever et au coucher complices leurs maux du soleil, ne deviendront-ils pas sauvages demain? Ils pataugent dans la crasse, dans la misère, dans le désespoir, ils assistent à la force de la lumière de leur avenir qui s’affaiblit à une vitesse vertigineuse. Qui pour penser à les retirer de leur trou noir ? Pourquoi leurs noms sont-ils ignorés dans le grand livre des Droits humains ?

Ils grandissent avec mépris, dès leur plus jeune âge on leur a enlevé toute innocence, leur être est préparé pour des crimes de toute sorte. Alors, à quoi cela nous amènera-t-il? Au-dessous de leur quinzaine, intérêts politiques poussent des malfaiteurs à armer ces enfants qui, dans leur ignorance, n’hésitent à vomir à larves enflammées les traitements inhumains dont ils faisaient toujours l’objet. Dépourvus d’éducation, de formation, d’amour parental, fraternel ou autres, ils deviennent des féroces en quête acharnée de revanche, et ceci par tous les moyens. Comment leur demander de respecter la vie d’autrui si jamais on ne leur en avait appris l’importance ? Hier méprisés, aujourd’hui meurtriers, à qui la faute ?

Tellement d’enfants dans les rues, à accroupir dans la misère. Les jours se passent et se ressemblent pour cette partie innocente, faible, abandonnée, humiliée pour la grande majorité dont le vent de l’immaturité balaie encore la capacité d’action. À bien observer les organismes de protection en Haiti tels que le Bien être social, la Brigade de Protection des Mineurs (BPM), le Centre de Réeducation des Mineurs en Confit avec la Loi (CERMICOL), on peut dire sans faire gueule de bois que ces organismes n’existent que de noms. Car la domesticité, la traite des mineurs, la répression et l’exploitation de ces derniers continuent à faire rage dans le pays, tout ceci explique le fait que ces organismes ne remplissent pas efficacement leur mission, ils ne conjuguent pas leur force pour faire du respect des droits de l’enfant une réelle garantie sur la terre chère à Dessalines. On en fait juste un secret de polichinelle.

Aujourd’hui, après plus de vingt ans de cette prise d’engagement, ils nous faut savoir que nous ne pouvons pas continuer à faire de nos enfants des victimes et bourreaux de demain, nous ne devons pas continuer à les déshumaniser, ils méritent un bien meilleur traitement, de considérations autres que celles qu’on leur reconnaît. Tant bien traité le présent, tant le futur sera glorieux, il n’est pas un accident de parcours si Haïti se voit encore fermée dans l’abyssal labyrinthe de la pauvreté.

Les enfants, des petits anges qu’il faut à tout prix protéger, éduquer, encadrer, choyer, encourager, orienter sur le chemin de la grandeur d’âme. Ils ont en marre de la maltraitance qui constitue leur plat de résistance de tous les jours.

Ne plaidons pas pour un simple 20 Novembre, mais pour un respect profond, inconditionnel et continu des droits de l’enfant sur toute l’étendue du territoire national de manière à assurer l’avenir du pays.
Je paraphrase Jean Jean Roosevelt pour épiloguer : « Les enfants n’ont pas de cœur pour haïr, pas assez grands pour trahir, et si le cœur des grands était petit le monde serait un paradis »

À bon entendeur, salut !

Vive les enfants !
Vive le respect de leurs droits !
Vive Haïti !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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